La cybersécurité est devenue l’un des enjeux les plus critiques en Afrique. La digitalisation rapide, l’essor des services financiers numériques, la montée des startups technologiques et la dépendance croissante aux infrastructures critiques exposent le continent à une intensification des cybermenaces. Les données récentes publiées par des acteurs internationaux montrent que l’Afrique est désormais une cible privilégiée des cybercriminels.
L’explosion des cyberattaques : une menace devenue systémique
Selon le Rapport Africa Cyberthreat Assessment 2025 d’INTERPOL, le ransomware (type de cyberattaque où un logiciel malveillant chiffre les fichiers d'un système informatique et exige une rançon en échange de la clé de déchiffrement nécessaire pour y accéder de nouveau.) est désormais la menace la plus sérieuse ciblant les gouvernements, les banques, les entreprises et les infrastructures critiques du continent. Le rapport souligne que les attaques deviennent plus complexes, plus rapides et plus lucratives pour les groupes criminels. Les chiffres confirment cette tendance :
- • 131,5 millions de menaces web ont été détectées en Afrique en 2024 par le réseau Kaspersky Security Network (KSN). Il rapporte également une hausse continue des attaques locales (malwares exécutés directement sur les appareils), avec une progression de +4 % en un an. (SAM Africa, analyse Kaspersky GITEX Africa 2024.) .
- • Lors de la conférence KNEXT Dakar 2024, Kaspersky a dévoilé que 411 000 fichiers malveillants sont diffusés chaque jour dans le monde, un volume inédit (Agence Ecofin, février 2024).
Dans le même sens, une étude du Club d’Experts de la Sécurité de l’Information en Afrique (CESIA) révèle que 74 % des organisations africaines ont subi au moins une cyberattaque en 2024. Encore plus inquiétant : 46 % ne disposent pas de Security Operations Center (SOC), ce qui les empêche de détecter rapidement les intrusions (CESIA 2024).